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Un best-seller antique !

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Écrit au 2e siècle, ce conte est identifié par certains comme faisant partie des 15 livres les plus célèbres de l’Antiquité ainsi que l’ancêtre des romans d’aventure. Aujourd’hui, il permet d’entrevoir la société de l’époque et ses préoccupations, et au-delà peut-être, d’en tirer des leçons toujours pertinentes.

Son titre : L’âne d’or ou les métamorphoses

Son auteur présumé : Apulée, écrivain et philosophe platonicien, ayant vécu autour des années 125-170 après Jésus-Christ. Né à Madaure au Nord-Est de l’Algérie actuelle, on dit de lui qu’il est à la fois brillant orateur, avocat, plurilingue et voyageur infatigable : il a notamment séjourné en Grèce, à Rome et en Égypte. S’il n’est pas le concepteur original puisqu’il s’est inspiré de l’œuvre du grec Lucius de Patras , il l’a embelli par de nombreux récits comme la fable de Psyché et de Cupidon.

Le genre littéraire : Bien qu’il y ait des références grecques, il s’agit tout de même d’un conte romain. Selon certains, il aurait pu constituer un best-seller de littérature à l’époque antique puisqu’il dressait un tableau réaliste et pittoresque de la société humble de son époque, société rarement dépeinte par les grands auteurs. On trouve de tout dans ce livre : de la magie, des brigands de grand chemin, des crimes sanglants, des oracles, des adultères, des empoisonnements, de l’érotisme. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Ce roman a beaucoup fait rire les romains.

Plusieurs auteurs établissent des comparaisons avec de grandes œuvres comme les Milles et une nuits et l’Odyssée en retenant deux caractéristiques principales :

  • D’abord, des histoires dans l’histoire principale;

Alors que dans les Milles et une nuits, Shahrazade sauve sa vie en racontant chaque jour une histoire au sultan, Lucius, le personnage principal et narrateur de l’œuvre dont il est question, une fois devenu âne, vit plusieurs aventures avant d’être métamorphosé à nouveau en humain. On doit savoir que dans l’antiquité, deux traits étaient attribués à cet animal, à savoir, la bêtise et l’appétit sexuel. On voit ainsi poindre dans cette grande aventure une sorte de rédemption par laquelle le héros devra passer.

  • Le second trait est celui des voyages;

Si Ulysse et Sinbad le marin vont au-delà des confins du monde connu, Lucius demeure lui dans un univers connu, mais il explore tout autant, dans sa quête toute particulière.

L’invitation de l’auteur :

«Lecteur : attention tu ne t'ennuieras pas», nous avise Apulée dans les premières lignes. Il était une fois un dénommé Lucius. Plutôt brave, un peu roublard. Notre Lucius, curieux de pénétrer les mystères de la magie, se retrouve transformé en âne, et bien des vicissitudes s'annoncent à lui pour retrouver sa condition humaine.

«Je vais te conter toute une série d’histoire variées et flatter ton oreille bienveillante d’un murmure caressant et tu t’émerveilleras en voyant des êtres humains changer de nature et de condition pour prendre une autre forme». (trad. Pierre Grimal, Folio Classique,1975)

Le récit :

Il faut reconnaître qu'Apulée s'est bien amusé en route, et nous invite à en faire de même. Suivons-le dans ses variations sur cet âne tantôt lubrique, tantôt savant. La vision grotesque d'un homme transformé en âne engage une vision du monde : l'instabilité générale, liée aux variables humeurs des dieux et aux caprices de la Fortune, détermine un remue-ménage universel. Cette mobilité métaphysique se traduit esthétiquement par un pot-pourri de genres, de tons, un brassage d'évènements et de personnes, qui constituent tout l'intérêt de ce surprenant roman.

Des commentaires de lecteurs:

« Il était une fois, dans un lointain pays, un roi et une reine qui avaient trois filles, toutes trois fort belles… ainsi commence ce magnifique conte que l'on ne doit pas aux frères Grimm où à Charles Perrault mais à Apulée né en 125 de notre ère, sous le règne de l'Empereur Hadrien. Si le voyage change son homme, la métamorphose est voyage d'apparence en apparence, de forme en forme. Lucius, passant de l'homme à l'âne puis de l'âne à l'homme, a plus voyagé qu'Ulysse. C'est que, ce faisant, il s'est déplacé d'un bout à l'autre de soi-même. Du chardon à la rose. Point de départ et point d'arrivée du plus extraordinaire des voyages extraordinaires : le voyage intérieur. ». (Jean-Louis Bory, dans la préface de l’édition de l’œuvre qu’il signe en 1975)

Ce livre est un chef-d’œuvre. Il me donne à moi des vertiges et des éblouissements ; la nature pour elle-même, le paysage, le côté purement pittoresque des choses sont traités là, à la moderne et avec un souffle antique et chrétien tout ensemble qui passe au milieu. Ça sent l'encens et l'urine, la bestialité s'y marie au mysticisme, nous sommes bien loin encore de ça nous autres comme faisandage moral. (Gustave Flaubert, 1852)

D'après la traduction d'Olivier Sers (Les Belles Lettres)

L’invitation de la Fondation Humanitas :

Pour découvrir cet œuvre méconnu et entrevoir les préoccupations et les intérêts des romains au temps d’Hadrien, venez entendre des extraits de ce fabuleux livre qui seront lus par des comédiens, le tout accompagné de musique dans un lieu classé monument historique.

Où? : Salle Carter, Cathédrale Holy Trinity

31 Rue des Jardins, Québec, QC G1R 4L6

Quand : le dimanche, 21 avril à 14 :30

Contribution suggérée : 10 $

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